Je rentre, ce soir, d’un pas insouciant et flâneur sous le regard incrédule des tapineuses de la rue Saint-Denis. Souriant, bien trop contente de profiter de la chaleur de cette première nuit d’été.

Quand soudain sorti de nulle part, un rabbin m’emboîte le pas. Un premier coup d’oeil aguicheur que je feins d’ignorer. Un sourire insistant auquel je réponds par un regard écarquillé.
L’animal ne se décourage pas mais préserve ses arrières en visitant les rues perpendiculaires où mes collègues de fortune roulent du cul dans la plus grande tradition de leur métier.

Mais décidément, cette nuit, je suis sa meilleure option. Quelle est donc cet aveuglement qui le pousse à m’aborder alors que TOUS les indicateurs sont aux oranges ?
Ma réponse cinglante et sans préavis le fait fuir aussi vite qu’il a surgit.

Curieux animal que le rabbin qui choisit pour me traiter de pute le jour où coiffée comme à la fin d’une moite journée, portant un pantalon des plus décents et mon t-shirt préféré depuis six ans, je me sentais si loin d’incarner quoi que ce soit de putesque.

Sic.

 

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